Pierre-Rouge 54 : Louis-Frédéric Rouquette, le très oublié Jack London montpelliérain

Pour consulter les épisodes précédent de ce feuilleton, c'est ici.

Villa des Oeillets, décembre 2021 (cliché de l'auteur)

Dans cette partie de feuilleton dédiée aux belles demeures, je dois avouer d'emblée qu'ici la maison n'est qu'un vague prétexte de départ, pour parler de son hôte. Cette maison assez simple fait l'angle de la rue Ferdinand Fabre et de la rue d'Aubeterre. De cette sobre façade du XIXe siècle, avec ses cinq fenêtres en long et son unique étage au-dessus du rez-de-chaussée, je n'ai rien dire. Sinon pour relever un manque.

Je ne sais plus en quelle année a disparu de la façade de la villa des Oeillets la plaque qui disait que Louis-Frédéric Rouquette y était né et y avait vécu. Un indice de l'oubli dans lequel est celui qu'on a trop facilement résumé à son surnom de "Jack London" français. 

Si son enfance et ses origines s'enracinent à Loupian, qu'il a décrit dans son roman posthume, l'élégiaque pastorale La chanson du pays, Louis Frédéric Rouquette était un enfant du quartier. Son grand-père était médecin à Loupian, un praticien de village frotté de culture classique et respecté de sa patientèle rustique. Le père, Frédéric Rouquette, avait fait ses études au grand lycée de Montpellier avant d'y devenir journaliste au Messager du Midi. Conseiller municipal de Montpellier puis conseiller d'arrondissement, ce bonapartiste rallié à la République, était une figure de la vie du quartier et des fêtes, du 14 juillet comme de l'anniversaire de la République le 4 septembre. Attaché à la foi catholique, Rouquette père n'approuva jamais ni les lois de Ferry sur l'école ni la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat. 

Louis Frédéric Rouquette à 4 ans (image tirée d'En mémoire de Frédéric Rouquette)

Louis Frédéric est né le 19 août 1884 rue Ferdinand Fabre, dans cette villa des Oeillets aujourd’hui divisée comme beaucoup d’autres en appartements. Il a eu deux frères et quatre soeurs. 

Rouquette est plutôt oublié faute d’avoir été republié récemment. L'exotisme de son approche, même si elle tempère de respect le sentiment de supériorité de l'homme blanc face aux "sauvages", le rend aujourd'hui très démodé. C'est sans doute pour cela qu'on ne le trouve plus que chez les libraires d'occasion ou en réimpression à la demande. Et c'est sans doute un peu dommage.

Louis Frédéric Rouquette à 10 ans (image tirée d'En mémoire de Frédéric Rouquette)

C'était un enfant turbulent qui faisait volontiers l'école buissonnière en compagnie de galopins moins bourgeois que sa famille. Joseph Guibal le décrit à 10 ans sur l'Esplanade, seul à tenir sans tomber aussitôt sur le dos d'un lama exhibé par les frères Laurent lors d'une fête foraine. Il y gagne une visite gratuite de la ménagerie des fauves. Enfin il l'aurait gagné si sa mère, qui n'avait pas autorisé ce rodéo andin, ne lui avait pas administré quelques vigoureuses gifles agrémentées de coups d'ombrelle. 

Louis-Frédéric Rouquette entre en 1900 aux Beaux-arts de Montpellier comme on sort de prison. Il commence à publier de la poésie l'année suivante, à 17 ans, cet âge où l'on n'est pas sérieux pourtant. Louis-Frédéric écrit depuis l'âge de 14 ans et ce jeune homme à l'activité prolifique a dans sa vie un peu courte abordé tous les genres : conte, nouvelle, poésie en vers, enquête journalistique, récit de voyage, chanson, rapport parlementaire, chronique économique, roman, pièce de théâtre, sketch, scénario... Sous son nom ou sous pseudonyme, Louis-Frédéric Rouquette était un touche à tout qui avait le sens de son époque. 

Exempté du service militaire en 1904, il se marie à 19 ans à Hélène Gounelle en novembre 1904. Celle-ci a déjà une fille naturelle de quelques mois. Leur fille unique Léonie, dite Clélie, nait en mars 1905, au 27 de la rue Ferdinand Fabre, dans la maison de famille. Louis-Frédéric, âgé de 20 ans, est noté comme n'ayant pas de profession. Il est alors quelque temps le correspondant montpelliérain du journal toulousain La Dépêche. Il y attrape le virus de la politique, et se trouve engagé dans les rangs des laïcs contre les Républicains attachés à l'Eglise dont son père était. Les inventaires révoltent Rouquette père, qui voit à sa porte le grand séminaire expulsé, mais pas Louis Frédéric, qui les soutient. 

Louis-Frédéric Rouquette quitte Montpellier pour Paris en 1907. Freddy comme l'appellent ses amis, y cohabite notamment avec le montpelliérain Joseph Guibal, qui lui présente son premier éditeur. Une vie de bohème fauché, harassante, souvent triste mais aussi féconde. Rouquette se fait une trop haute idée de l'humain pour ne pas être continuellement blessé par la vie en société et avoir besoin de la fuir. Toute sa vie d'adulte, il conserva un physique un peu dégingandé, de larges épaules et un accent méridional qui faisait sonner curieusement les expressions de l'argot parisien qu'il avait adoptées. Et ce qui marquait ses amis était cette tristesse toujours reparaissante, qu'il cachait parfois sous la politesse de l'humour, démentie par son regard qui voyait ailleurs. 

Rouquette divorce en 1923 mais la vie d'aventure de l'écrivain l'a depuis longtemps séparé de sa première femme. Rouquette fait de fréquents aller retours entre Paris et sa ville natale, notamment pour assister en juin 1908 au mariage de son ami le médecin Léon Benech, où il prononce un discours. Sa femme se fait alors doublement remarquer, par sa robe en tulle pailleté sur transparent vieux rose et par sa voix « magnifique » lorsqu’elle interprète une chanson joyeuse. Il prend parfois sa fille à ses côtés à Paris, où pourtant il tire souvent le diable par la queue.

Rouquette ne parvient pas à vivre seulement de sa plume. Ce bourreau de travail qui déteste la vie de bureau bien réglée préfère multiplier les activités pour ne pas se sentir enfermé dans une seule. Il fait des piges bien sûr, notamment pour l'hebdomadaire La vie montpelliéraine, mais aussi de la peinture, est secrétaire de deux sénateurs et de trois députés, parfois en même temps... Son accès aux milieux politiques fait de lui un chargé de mission à l'étranger très polyvalent et lui permet de voyager, toujours à l'affut de destination et de solitudes nouvelles, du Sahara au cercle polaire. Rouquette a passionnément aimé les grands espaces et l'horizon des espaces océaniques.

Le 27 janvier 1913, le président de la République lui a décerné une mention honorable pour acte de courage et de dévouement. Mais je n'ai pu trouver lequel.

En Californie - 1916 (image tirée d'En mémoire de Frédéric Rouquette)

En janvier 1915, Rouquette est versé dans le service auxiliaire, comme infirmier militaire à Montpellier. Puis, entre 1915 et 1917, il effectue trois séjours en Amérique du Nord, qui nourrissent la veine de ses romans d'écrivain voyageur. Le premier séjour est lié à sa fonction de secrétaire du Commissariat général français à l'exposition internationale de Los Angeles. Lors du deuxième, en 1916, il est à San Diego pour présenter l'expo de Los Angeles. Enfin en 1917, le troisième séjour le conduit à la Nouvelle-Orléans pour le bicentenaire de la ville. A chaque fois, il fait montre de grands talents d'organisateur et n'hésite pas à mettre la main à la pâte (il a été colleur d'affiche, peintre en bâtiment, sculpteur, photographe...). Je ne sais pas au cours duquel il fut accueilli par ce trait d'humour du président Wilson cité par Joseph Guibal : "C'est la première fois que la France m'envoie comme émissaire un homme jeune et enthousiaste ; généralement elle nous adresse des vieillards de quatre-vingt dix ans". 

A partir de ces années là, il ne cesse d'aller et de venir. Il a tout de même un point fixe à Paris, un appartement 50 boulevard du Temple dont Maurice Moreau a laissé une description vivante. Cet appartement était celui du terroriste Fieschi en 1835 lorsqu'il tenta de tuer le roi Louis Philippe en y actionnant sa fameuse "machine infernale". Dans cet antre bas de plafond, Rouquette accumule les livres, bien sûr, mais aussi une jolie collection de bronzes, dont un Carpeaux. Quelques toiles aussi, un dessin de Renoir, un bureau qui avait appartenu à Emile Zola et tout un bric-à-brac de souvenirs de voyages : raquettes, mocassins, dents de phoque... On y croisait aussi le chien Master Jim, dit la Renifle, un bulldog turbulent et gâté qui cohabitait avec un chat noir. Il jouait du piano, "des chansons seulement pour les chiens" disait-il. Plus tard il habita le boulevard Victor Hugo.

Son expérience américaine lui permet de prononcer plus de cinquante conférences sur ce pays à son retour, à la fois pour faire connaître l'effort de guerre français à San Francisco pendant la guerre et pour permettre à un auditoire de chefs d'entreprise d'avoir des informations utiles pour pénétrer le marché américain. 

Si le séjour américain a inspiré les romans d'aventure qui lui ont valu son surnom, une autre partie de son oeuvre, d'inspiration plutôt naturaliste, s'enracine dans son terroir de Loupian et dans la ville de ses études, Montpellier. 

Le Lez à Rimbaud (carte postale non circulée - collection de l'auteur)

C'est le cas de la cité des vieilles, son roman le plus montpelliérain, paru en 1918. Rouquette, dans une veine qui rappelle Emile Zola, y conte l'histoire des amours d'un jeune étudiant qui vient de s'inscrire en médecine, André Mornan. Les scènes osées eurent un grand succès et inspirèrent des lettres de désabonnement outrées à des lecteurs faciles à offusquer. Dans un premier temps André s'éprend d'une chanteuse de café concert plus âgée que lui, Daisy Rézy. Le Peyrou, où ils se retrouvent d'abord "en camarades" et la chambre d'étudiant d'André, rue d'Aigrefeuille, d'où l'on voit les tours de la cathédrale, font partie des nombreux lieux de l'écusson que l'on peut retrouver. On peut aussi se promener dans la rue Jacques Coeur, passer devant la chapelle des pénitents blancs, dans l'asile d'aliénés de l'hôpital général avec ses soeurs à cornette;.. On déjeune Aux cadets de Gascogne, on va prendre l'absinthe à cinq heures de l'après midi au Café Riche, des bocks de bière (quart de pinte plus guère en usage) dans les troquet disparus de La Moderne, de la Taverne du Coq d'or, du café des arts et de l'armée. On dîne au restaurant au bord du Lez, avec en fond le bruit des rames et "là-bas, sur la route, la voix des lavandières qui s’en retournaient vers la ville en chantant”. C'est la tout un Montpellier de la Belle époque décrit avec quelques années de décalage seulement.

Eldorado (carte postale non circulée, collection de l'auteur)

La chanteuse de café concert, qui à 38 ans n'en avoue que 30, se produit à L'Eldorado, le music hall de la rue de Verdun où se trouve aujourd'hui le Capitole. Bien sûr, Daisy est aussi belle et rousse que menteuse et volage. Fou de jalousie le jeune homme la frappe et dans le contexte du roman, c'est comme si c'était normal. Il est vrai que la vision des femmes du personnage est très datée : "Pourquoi vous en voudrai-je ? Vous êtes femme, vous suivez l'impression du moment." Et puis le contrat à l'Eldorado se termine. Voilà la chanteuse en partance pour Marseille par l'express de 11h10 qui arrache des larmes à André lorsque le fourgon de fin de convoi disparait derrière l'angle du pont. 

C'est au chapitre XIV qu'apparaît enfin le quartier de la Pierre-Rouge. Après avoir bu avec son camarade Broche surnommé Bock, un certain nombres de ceux-ci, André arrive vers 2 heures du matin chez une étudiante en médecine de 28 ans, Marie Pomar, qui vit avec sa tante Lucile de dix ans son ainée "dans la petite villa qu'elles habitaient dans le quartier de la Pierre-Rouge". La maison n'est pas située plus précisément, mais on y entend sonner l'angélus matinal "les cloches du couvent des soeurs de Saint-Vincent de Paul", celles qui s'occupaient de l'orphelinat Marie-Caizergues et de l'Institution des Sourds-muets. Elle n'est qu'à quelques minutes à pied du tramway, sans doute celui du haut de l'avenue de Castelnau. Rouquette écrit là comme on joue à domicile.

Marie Pomar incite André à s'oublier dans le travail. Au lieu de suivre ce sage conseil, André gaspille le mandat reçu de ses parents dans un billet de train pour Marseille où il se rend compte que, sans surprise pour le lecteur, Daisy Rézy n'est pas allée. Par une invraisemblable coïncidence romanesque, Lucile Pomar se trouve dans le même café concert qu'André, le ramène à Montpellier et devient sa maîtresse. Son lyrisme fatigue assez vite l'étudiant qui se laisse consoler mais n'est pas sûr de l'aimer vraiment. Lors d'un réveillon improvisé à l'hôpital général, où ils ont pénétré en sautant la grille de l'institut d'ophtalmologie, Bock et André sont appelés en urgence suite à l'arrivée d'une prostituée rencontrée quelques chapitres plus tôt et qui décède misérablement devant eux. Rouquette s'offre alors quelques autres morceaux de bravoure, comme la description repoussoir du ménage formé par Bock, sa femme vite enlaidie, leur gosse et leur chien. 

Dans la dernière partie du roman, André Mornan rentre à Loupian, le village de ses parents, prendre la succession du médecin de famille. Le docteur Mornan y retrouve Elisabeth Pascou, un doux souvenir d'enfance dont les Dames du Sacré Coeur de Montpellier ont fait une jeune femme fière et oisive. Il l'épouse, bien sûr, et se rend compte juste après le mariage que c'était une erreur. Sa femme est un "passereau frivole", "ce qu'il avait cru être une intelligence subtile n'était que de l'astuce féminine doublée d'une perversité native." Elisabeth file à Montpellier à la première occasion, Mornan ne la suit que rarement. Sauf pour une excursion dans un village des Cévennes, où lorsqu'il se rend à la Poste, il y retrouve une Lucile Pomar devenue receveuse après la morte précoce de sa soeur Marie. La vieille amoureuse a encore des mots tendres qui font s'enfuir le médecin comme s'il avait vu un fantôme. Mais lorsque sa femme le quitte pour devenir... chanteuse de café concert alors que lui même souffre de la tuberculose, c'est sa vieille maîtresse qu'il part rejoindre sous son châtaignier. En y lisant le journal, il apprend le retour sur la scène nîmoise de Daisy Rézy. Mais il est trop faible et c'est Lucile qui va chercher le premier amour de Mornan et la ramène au chevet du mourant dont elles recueillent à la dernière page, le dernier souffle. 

La même année, il fait représenter un drame en cinq actes, Le moineau de Paris. 

Autour de janvier 1919, Louis-Frédéric Rouquette se rend en Pologne pour l'organisation de l'exposition franco-polonaise qui a lieu à Paris au pavillon de Marsan. 

Entre mai et octobre 1920, il est en mission au Maroc. C'est l'occasion pour lui de recevoir une décoration marocaine, l'ordre du Ouissam alaouite. 

Quelques mois plus tard, il est à Belgrade, où il réouvre l'Alliance française. Je n'ai pu déterminer à quel moment il a effectué une mission en Roumanie. 

En Islande - 1922 (image tirée d'En mémoire de Frédéric Rouquette)

En 1922, il est en Islande. La marinière de la photo et la coiffure en désordre le rendent presque contemporain. Il y écrit à Maurice Moreau depuis Seydisford : "C'est quelque chose d'effroyable et de merveilleux. On dirait une suite ininterrompue de chapitres de l'enfer. (...) Je vais traverser l'île de l'est à l'ouest (...), si je réussis, je serai le premier Français à avoir réalisé la chose." Il a acheté quatre poneys du cru pour réussir cet exploit. Il y puise l'inspiration de son roman L'île d'enfer. Le cercle polaire, c'est aussi le lieu de sa rencontre avec des religieux qui le ramènent à la foi de son père et à l'écriture de L'enfer blanc.

Son surnom de Jack London français lui vient de cet attrait pour le grand Nord, notamment dans son roman Le grand silence blanc, paru en 1920. Celui-ci a marqué de nombreux enfants avec ses nombreuses éditions en collection jeunesse. Mon propre exemplaire est un volume de la bibliothèque verte imprimé fin 1960 et qui a d'abord appartenu à la bibliothèque d'une école primaire de Dijon. Ce titre de Rouquette était encore publié au début des années 1990.

Le chien Tempest (image tirée d'En mémoire de Frédéric Rouquette)

Le grand silence blanc, sous-titré roman vécu d'Alaska est moins un roman qu'une suite d'histoires autour du narrateur, un aventurier originaire du Midi de la France. L'auteur prétend, selon une convention littéraire courante, l'avoir recueilli des mains du narrateur et le publier sans rien en avoir modifié. Je ne l'ai lu qu'à l'âge adulte. Enfant, cette histoire pleine de paysages enneigés, de chercheurs d'or et de chiens de traineaux m'aurait sans doute passionné. Je ne l'ai pas lue au bon âge. Impossible pourtant de ne pas être marqué par la scène d'adieu du narrateur au chien Tempest, qui a vraiment existé dans la vie de Louis-Frédéric. "Je vais te quitter Tempest, tu ne me verras plus jamais, je ne te verrai jamais plus. Tes bons yeux ne rencontreront plus mes yeux, ma main ne passer plus, caresseuse, sur ton pelage, je ne gratterai plus ta tête, je ne sentirai plus ta douce langue sur ma joue". Quiconque a le bonheur de s'être attaché à un chien vit en note de fond avec l'angoisse de sa perte et s'émeut facilement à ce genre de lecture.

Le 23 février 1924, Louis-Frédéric Rouquette est fait chevalier de la légion d'honneur. Ce n'est pas son oeuvre littéraire qui est récompensée, mais son travail comme attaché au cabinet du sous-secrétaire d'Etat aux Postes, Télégraphes et Téléphones. On apprend également de son dossier qu'il était rédacteur en chef de la revue France Islam. 

Aux jeux olympiques d'hiver de Chamonix de 1924, où il est appelé par ses fonctions au ministère des PTT, cet éternel jeune homme fait l'école buissonnière sur les pistes de ski, sport qu'il adore et sensation dans les réceptions avec sa fille, dont il supporte avec un rien de coquetterie qu'on la prenne pour sa soeur. 

Le 4 novembre 1924, Louis-Frédéric Rouquette se remarie avec Suzanne Langlès, une américaine de la Nouvelle-Orléans. 

A Palavas en 1925 (image tirée d'En mémoire de Frédéric Rouquette)

Retenu plusieurs fois dans la sélection du prix Goncourt, il ne l'a jamais reçu. 

Louis Frédéric Rouquette en 1926

Rouquette décède prématurément le 10 mai 1926 à Paris, 29 rue de la Santé, chez les soeurs Augustines, des suites d'une opération de l'appendicite. Il venait d'achever la rédaction d'un dernier roman, publié à titre posthume en 1927 La chanson du pays, roman de la terre d'Oc. 

Ce roman au ton élégiaque décrit une vie pastorale et humble, entre Loupian, Mèze et Sète. Il a voulu reproduire le langage des bergers, des grands mères et des petits enfants bagarreurs. Une histoire d'amour assez prévisible unit les destins de Tinou, l'enfant trouvé qui devient ingénieur agronome, et la fière Missé, que son passage par un couvent pour jeunes filles à Montpellier a rendu ambitieuse au point de préférer à Tinou pour un moment le politicien Veyrac.  Montpellier est présente à l'arrière plan. Dans le couvent pour demoiselles de Missé où l'on devine l'Immaculée Conception, si proche de la maison natale de l'auteur. Dans le lycée de Montpellier et son entassement. Et puis dans une partie de canot sur le Lez non loin de Rimbaud. On retrouve encore le quartier dans le choix de l'unité où Tinou passe la Grand guerre, le 81e régiment d'infanterie. Ou encore dans la mention du club démocratique de l'abattoir parmi les endroits où le politicien Veyrac fait campagne, comme le père de l'auteur quelques années plus tôt.

C'est loin de sa terre natale que repose Louis-Frédéric Rouquette, dans une allée ombreuse du cimetière Montparnasse. 

L'ensemble des sources utilisées pour l'écriture de ce feuilleton, ainsi que les remerciements aux personnes qui ont bien voulu m'offrir leur aide, est détaillé ici.

Commentaires

Articles les plus consultés