Mon ancêtre le faux monnayeur : Charles Sebert sous les drapeaux
Mon grand-père paternel gardait un souvenir très affectueux de son père Albert, dont il était bien plus proche que de sa mère. Il n'avait pas connu son grand-père, mort une dizaine d'années avant sa naissance. La mémoire familiale lui avait transmis trois choses : un physique impressionnant – « c'était un géant aux mains comme des battoirs » – , un surnom en rapport – « le grand Carnot » – et un parcours valorisant, « un compagnon du Tour de France », un tailleur de pierre. Pour le reste Louis Charles Sebert (1860-1915) était un parfait inconnu. Mon grand-père croyait de bonne foi à la légende familiale, à celle-ci comme à d'autres. Pour ma part, j'ai toujours préféré les faits. Je prends même une sorte de plaisir coupable à rétablir la vérité, tout en ayant appris que les légendes ont aussi quelque chose à dire, sur ceux qui les inventent et ceux qui les croient. Je me suis donc mis en quête de Charles Sebert, comme je l'appellerai désormais. C'est son der...




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